Club des fargussiens lecteurs – 4 – deuxième partie

>>> Prochain club : un jeudi de septembre à 18h à la bibliothèque – date à préciser

4ème club à la bibliothèque, nous étions réunis autour des habituelles et indispensables bulles et gourmandises. Suite et fin :

Claire : la lecture de « La maison de mes pères » de Jorn Riel, déjà chroniqué sur ce blog (voir ICI),cvt_Noeuds-et-denouements_37 m’a incitée à relire « Nœuds et dénouements » d’Annie Proulx, roman – (BA) dans lequel Terre-Neuve tient la vedette. « Quoyle est un ballot que la vie a piétiné. Petit journaliste dans une feuille des environs de Boston, il s’est marié à une harpie qui finira par le quitter, non sans avoir tenté de vendre leurs deux filles à un pédophile. A la mort de sa femme, il s’exile, le cœur brisé, avec ses filles et sa tante, au pays de ses ancêtres, Terre-Neuve. Peu à peu, il rebâtit sa vie comme une maison en ruine battue par des vents furieux. Nœuds et dénouement est l’histoire d’un homme et d’un père transfigurés par l’apprentissage d’un bonheur simple. »

1060011_10456220Catherine recommande chaudement la lecture d’un roman très drôle : « Wilt 1 ou Comment se sortir d’une poupée gonflable et de beaucoup d’autres ennuis encore » – Tom Sharpe (10/18) :  » Dans ce récit burlesque et énorme, la vraisemblance non plus que la psychologie n’ont droit de cité. Ce qui compte, c’est la logique absurde d’une situation folingue. Wilt met en boîte (de pâté pour chien ?) les valeurs d’une bourgeoisie à la dérive : l’argent, le sexe, la liberté des mœurs, le pouvoir par le savoir, l’épanouissement par les loisirs. Tom Sharpe est un moraliste violemment drôle, salubrement grossier et épatamment tonique, dont la charge bouffonne a le pouvoir de dessillement réservé aux grands caricaturistes. »

couv-1515Hélène : « Le Duel » – Arnaldur Indrisason – roman policier (Titre original : Einvígið, traduit de l’islandais par Eric Boury) (Métailié). (BA) : « Pendant l’été 1972, Reykjavík est envahi par les touristes venus assister au championnat du monde d’échecs qui oppose l’Américain Fischer et le Russe Spassky. L’Américain se conduit comme un enfant capricieux et a de multiples exigences, le Russe est accueilli en triomphe par le parti communiste islandais, le tout sur fond de guerre froide. Au même moment un jeune homme sans histoire est poignardé dans une salle de cinéma, le magnétophone dont il ne se séparait jamais a disparu. L’atmosphère de la ville est tendue, électrique. Le commissaire Marion Briem est chargé de l’enquête au cours de laquelle certains éléments vont faire ressurgir son enfance marquée par l’abandon du père, la mort de la mère, la tuberculose, les séjours en sanatorium et la violence de certains traitements de cette maladie, endémique à l’époque dans tout le pays. L’affaire tourne au roman d’espionnage et Marion, personnage complexe et ambigu, futur mentor d’Erlendur, est bien décidé à trouver le sens du duel entre la vie et la mort qui se joue là… Greffés à l’intrigue policière principale, les thèmes récurrents de l’œuvre d’Indridason : la mort, la maladie, le déclin, l’abandon, la solitude entre autres hantent ces pages, d’une manière toujours très juste, très respectueuse, très triste fort évidemment et au milieu de cette symphonie macabre, vous rencontrez des gens formidables comme Athanasius. L’affaire résolue, Marion voit apparaître au commissariat un jeune homme inconnu, au visage triste : « de taille moyenne, râblé sans être enveloppé, il avait une épaisse tignasse qui tirait sur le roux. Son visage respirait l’intelligence, sa bouche était volontaire, mais ses yeux étaient marqués de profonds cernes qui lui parurent assez étranges chez un jeune homme aussi jeune ». Il vient d’être nommé à la circulation. Il se nomme Erlandur Sveinsson. La boucle est-elle bouclée ? »

Très bon roman, policier mais surtout ancré dans l’histoire et dans un pays très particulier, l’Islande de ces années-là.

InoueSophie – « Le loup bleu » – Roman – Yasushi Inoué. (Editions Picquier). Enfant taciturne et réservé, Temujin est rarement expansif et joyeux. Il préfère contempler les immenses et sauvages plateaux mongols. Et écouter lors des veillées un vieillard à la mémoire progidieuse qui lui raconte toutes les histoires de peuple Mongol, de leur clan et surtout les légendes qui expliquent l’orgine du peuple mongol.
De toutes ces soirées de son enfance, Temujin restera marqué par deux choses: la haine irrascible des Mongols envers les clans Tatars, Merkits et Kereyit, ainsi que l’histoire du Loup Bleu et de la Biche Blanche, qui seraient les premiers aieux des Mongols. Une fois qu’il succèdera à son père, prenant alors le nom de Gengis Khan, il partira combattre tous les peuples qui habitent sur les Haut-Plateaux de la Mongolie, avec un génie militaire et politique exceptionnel, ainsi que beaucoup de patience et d’intuition. Son territoire s’étend considérablement, son autorité s’affirme, mais c’est surtout l’idée de devenir un véritable loup-bleu qui l’obsède.Il veut à tout prix devenir et incarner le mongol type, descendant du Loup (alors que lui même n’était qu’à moitié mongol, sa mère ayant été violée par un homme qui ne l’était pas).

L’écriture dépouillée d’Inoué, qui va toujours droit au but, à l’idée évoquée, donne à ce roman historique (avec quelques erreurs historiques, paraît-il) une force et une intensité remarquables. En plus des récits de bataille – qui ne sont jamais ennuyeux, la peinture de la psychologie des personnages est exceptionnelle, et rend attachant cet homme à la fois très intelligent, fier, courageux, mystérieux, réservé et cruel, ainsi que tous les nombreux personnages de l’histoire. Yasushi Inoué (1907 – 1991), poète et écrivain japonais. Pour commencer avec Inoué, il est possible de lire un de ses recueils de nouvelles qui s’appelle Pluie d’orage, qui donne vraiment envie de découvrir ce grand auteur japonais.

9782260019152Joëlle : « La maison Atlantique » – roman – Philippe Besson (Julliard) (BA). Récit de l’hostilité voire de la haine envers le père, prédateur de femmes, tenu pour responsable du suicide de la mère… Avancée inéluctable vers un dénouement dramatique. Livre très bien écrit dont je recommande la lecture.

« Dans le registre implacable de la tragédie, Philippe Besson revisite la règle des trois unités : de lieu, de temps et d’action. Racontant la façon, à la fois désinvolte et rageuse, dont un jeune homme passe imperceptiblement de l’hostilité sourde à la haine pure et dangereuse envers son père, il nous offre un roman tout en nuances et en violence contenue. « J’ai souvent repensé à la mise en place du piège qui allait se refermer sur nous. À cet étrange ballet à quatre, dans lequel parfois s’immisçait un étranger. À ces va-et-vient d’une maison à l’autre, du jardin à la chambre, de la fraîcheur de la véranda à la chaleur de la plage ; ces déplacements infimes que nous accomplissions et qui tissaient à leur manière une toile ou nous allions nous empêtrer. À cette langueur de juillet, lorsqu’on succombe à la paresse et que le désir s’insinue. À ces abandons progressifs : de la morale, du discernement, du sens commun. Nous aurions pu facilement tout empêcher mais aucun d’entre nous n’a pris la décision d’arrêter la machine folle. Aucun d’entre nous n’y a songé. »

9782260017707Colette : « La trahison de Thomas Spencer »Philippe Besson – roman (Julliard) : Un bon livre qui méritait bien un cœur de la part de nos bibliothécaires préférées !
L’histoire
: Deux hommes nés le même jour aux USA(Le 6 Aôut 1945 jour du largage de la bombe sur Hiroshima)grandissent sur les rives du Mississipi et vivent une amitié fusionnelle jusqu’à ce que l’un deux tombe amoureux d’une jeune femme libre. J’ai aimé :

  • Le style de P Besson épuré et fluide donnant tout son relief à cette histoire d’amitié et d’amour au final tragique.
  • L’analyse et la description des sentiments intimes qui animent Thomas Spencer
  • L’ambiance générale du livre retraçant la vie simple d’une petite ville américaine du Sud dans les années 1960 et son racisme « ordinaire ».
  • Les nombreux rappels de l’histoire des USA sur cette période riche en évènements (Crise de Cuba ,guerre de Corée, Vietnam, Marylin et Elvis Presley mais aussi les luttes contre le racisme et pour les égalités sociales)

mag17_250Joëlle continue – comme nous toutes – à se régaler à la lecture de « Marmiton » (abonnement BA).

 

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